Lagarde au château de Murol

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« Aucun visiteur ne restait sur les lieux, devenus une scène de crime, avec ses bandes jaunes, ses gyrophares clignotants, les combinaisons blanches des hommes relevant minutieusement les indices. Les flashs des photographes de la police avaient remplacé ceux des touristes, les rires et bavardages s’étaient tus, on percevait seulement les phrases brèves des membres de l’équipe qui communiquaient entre eux »
Au cœur de l’été, alors que les vacanciers affluent vers l’Auvergne, le corps d’un homme est découvert dans l’imposante forteresse de Murol. L’enquête est confiée au commissaire Lagarde. Passionné d’histoire et de vieilles pierres, celui-ci ne s’imaginait pas devoir se rendre dans ce genre d’endroits en dehors de ses moments de loisirs. Sven, son bras droit, n’apprécie pas particulièrement l’époque médiévale, il la juge barbare, à l’image du meurtre qu’il va devoir élucider aux côtés de son supérieur. Côté vie privée, Sven vient tout juste de se réconcilier avec Cathy, son épouse, tandis que Lagarde est en proie à quelques doutes concernant sa compagne Hedda. Pourquoi voudrait-elle qu’il ménage l’un des personnages en tête de sa liste de suspects ?

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Après "La bête du Puy Sarcoui", voici l'environnement de l'enquête suivante du commissaire Lagarde : "Mort à la médiévale"

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Premier chapitre

Le train de 17 h 06

L’inter cité Lyon-Clermont-Ferrand entra en gare de Clermont-Ferrand avec seulement trois petites minutes de retard. Des grappes de voyageurs se pressaient contre les portes, prêts à bondir sur le quai, comme s’ils craignaient que le train ne reparte sur le champ, les gardant prisonniers de leur compartiment. D’autres, moins nerveux, restaient assis sur les sièges, constatant simplement d’un coup d’œil par la vitre qu’ils étaient arrivés à destination. Une voix grésilla dans le haut parleur :

  • Clermont-Ferrand, terminus. Veuillez vérifier de n’avoir rien oublié dans votre compartiment.

Le train s’arrêta sur une petite secousse, provoquant un léger déséquilibre parmi les voyageurs déjà debout, les portes s’ouvrirent et la foule se déversa sur le quai. Certains étaient accueillis par des personnes venues les attendre à la gare, d’autres traînaient leurs valises en direction de la sortie sans regarder autour d’eux.

Monsieur Hunotte faisait partie des solitaires que personne n’était venu accueillir. Assis tout droit sur son siège, il avait attendu prudemment que la secousse de l’arrêt de train soit passée avant de se lever. Il mit alors son pardessus sur son bras, attrapa sa valise dans le porte-bagage et saisit la petite mallette qu’il avait gardée à côté de lui tout au long du voyage. Il jeta un dernier coup d’œil autour de lui. Monsieur Hunotte était un homme qui aimait l’ordre et la discipline.

« Veillez à ne rien oublier », avait-on dit, donc il obtempéra.

Après s’être assuré qu’il avait son illustré, ses lunettes et son paquet de mouchoirs en papier, il descendit du train et suivit le flot des autres voyageurs vers la sortie. Le temps était maussade pour un mois de juillet, il regretta très vite de n’avoir pas enfilé son pardessus. Une petite pluie tombait, et lui fit accélérer son allure habituellement mesurée.

Sa Citroën Picasso l’attendait sur le parking de la gare. Monsieur Hunotte avait pour habitude de réserver ses places de parking en même temps que ses voyages, que ce soit vers Lyon où ailleurs. Il rangea sa valise dans le coffre, monta dans l’habitacle, posa sa mallette sur le siège passager et démarra. En route, il se demanda s’il devait rentrer directement chez lui où s’il serait préférable de faire un petit tour au château auparavant.

Hunotte adorait le château de Murol, c’était SON château. Ancien employé des finances publiques, passionné d’histoire, il avait donné sa démission en début d’année, car il s’était trouvé un gagne-pain plus intéressant et surtout, plus lucratif. Il savait mieux que quiconque organiser des visites guidées à travers ce monument- témoin du passé qu’était le château. Mais ce n’était pas cela qui lui assurait son train de vie confortable, il avait quelques autres affaires plutôt prolifères à gérer. Car Hunotte était conscient du fait que sans compte en banque dodu, on n’était rien. On avait beau prétendre que l’argent ne faisait pas le bonheur, en manquer faisait le malheur de beaucoup. Il s’occupait donc de mettre de l’argent de côté, bien décidé à se préparer une vie dorée lorsque l’âge de la retraite aurait sonné. Loin de lui l’idée de mener une existence morne pleine de privations, comme beaucoup de retraités que la mort venait faucher prématurément alors qu’ils s’ennuyaient ferme après leur vie de labeur. Mais tout ceci était encore loin, Hunotte venait tout juste de fêter ses quarante-cinq printemps.

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Extrait

Saisi d’une étrange appréhension, il se pencha. Ce qu’il vit lui coupa les jambes, il dut s’assoir sur le mur, épouvanté. Non, ce n’était pas possible, ce devait être un cauchemar, une hallucination. Le cœur battant à rompre ses côtes, il osa un deuxième coup d’œil. « L’apparition » s’y trouvait toujours, ce n’était donc pas un mauvais rêve, mais la tragique réalité. Une peur atroce le frappa, ébranlant son cerveau tel un coup de marteau. En dépit de cette panique, il prit conscience qu’il devait agir, rapidement.  Hugo hésita un court instant, puis, résigné, sortit son portable de la poche de son jean

La page 99

Le gendarme tourna les talons et partit, visiblement vexé d’avoir été aussi vertement évincé de l’enquête.

- Je me demande pourquoi il s’incruste ici, maugréa Sven en s’essuyant le front où perlaient déjà quelques gouttes de sueur. J’ai peine à croire qu’il en pince pour cette vieille fille, à moins qu’il prenne plaisir à jouer au consolateur.

- Ni l’un, ni l’autre ne me paraît vraisemblable. Il fait simplement du zèle, à mon avis.

- Je n’aime pas qu’on vienne marcher sur mes plates-bandes.

- Tu fais allusion à mademoiselle Hunotte, ou à l’enquête ? plaisanta Lagarde.

Sven lança un regard glacial à son supérieur, mais l’apparition de Yolande l’empêcha de répondre. Vêtue du même t-shirt que la veille qui dégageait une odeur âcre de transpiration, et d’un pantalon froissé d’une couleur délavée, située entre le brun et le beige, elle s’adressa aux policiers sur un ton larmoyant.

- Vous avez arrêté l’assassin de mon frère ?

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Date de dernière mise à jour : 09/07/2018